Quand une question nous obsède, quand le marasme nous envahi, 
quand le négatif nous guette, nous avons le réflexe de réagir, 
pour nous éloigner au plus vite du pire. 
Le hic, c’est qu’en réagissant, en bougeant dans tous les sens, 
on a tendance à s’enliser encore plus.
Aller vers ses objectifs
Arrêter de bouger un instant pourrait nous aider à prendre du recul, à réfléchir, à analyser les choses et à trouver le meilleur moyen d’atteindre un but. Mais allez dire ça à quelqu’un qui panique, enlisé, du moins en est-il persuadé, dans des priorités, des délais, des peurs, des pressions etc ...

S’éloigner du pire est un comportement très utile en situation de danger. Il faut réagir vite. Mais quand on s’éloigne de quelque chose, on peut se retrouver dans une situation bien pire encore. Imaginez que vous fuyez, vous avez la tête tournée vers le danger, et donc, vous ne regardez pas la direction que vous prenez. Vous pouvez foncer dans un arbre. C’est ce que l’on peut constater pour la majorité des gens et des entreprises à l’heure actuelle. Eviter le pire, licencier ou être licencié, réaction, peurs, angoisses ... L’angoisse nourrit l’angoisse. Dans un monde de chômage, d’insécurité, d’évolution technologique fabuleuse, de production et de délais, la plupart des gens courent dans toutes les directions, et essaient de réagir au plus vite, par rapport à ce qui leur semble urgent.

Imaginez un entretien d’embauche :

D’un côté, le chômeur avec la peur de ne pas être à la hauteur, se rappelant les conseils du genre :
surtout ne faites pas ce geste, ne dites pas cela ...

De l’autre côté, le recruteur, avec sa peur de se tromper, de prendre un risque pour l’entreprise ...
 

Mais où va-t-on ?
A l’échec garanti !

Aller vers ses objectifs

Et moi j’arrive et je dis STOP !
A vouloir tout faire, on le fait mal.
A agir dans tous les sens, la situation empire.
A privilégier la quantité, on oublie la qualité.
A s’éloigner du pire, on néglige nos objectifs.

 
Que nous soyons un individu, une collectivité, une association ou une entreprise, j’ai envie de nous comparer au navigateur sur son voilier, ayant pris le départ pour la course autour du monde. La première règle est de connaître sa destination, son objectif. Bien sûr, il croise parfois la tempête, et peut-être s’éloigne-t-il du parcours prévu. Mais une fois la tempête passée, il fait le point, analyse et réajuste sa direction.

Ce sont les extrêmes qui sont limitées.

Fonctionner uniquement en allant vers nos objectifs nous transformerait en robots, directif, actif, sans émotion, sans créativité. Fonctionner en s’éloignant toujours du pire est le bon moyen pour s’éparpiller dans toutes les directions, en ne faisant jamais rien.

 
Alterner, en fonction des circonstances,
constitue une des fondations importantes pour maintenir un système en équilibre,
qu’il s’agisse d’un individu, d’une relation, d’un groupe ou d’une entreprise.

 

Françoise Wybrecht - 1997              Une réaction ?
 
 
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