Emotions

Tout a commencé grâce à une horrible journée.

Mauvais jours
    Je voyais tout en négatif. Rien ne me motivait. Je me retrouvais dans un brouillard sombre et gris, en me disant que le soleil avait disparu. J’avais soudain l’impression de sentir et de porter la tristesse du monde entier sur mon dos. Je pouvais bien essayer d’allumer la T.V. ou la radio pour me remonter le moral mais c’était une bien mauvaise idée : on me parlait de pluie, de chômage, d’insatisfaction, on me montrait des images de violence, de guerre, de conflits ...
Le lendemain, j’animais une formation. Le baromètre n’était pas au beau fixe. Inquiétudes pour l’avenir, peurs de ne pas être à la hauteur, critiques négatives et bougonnements étaient au programme du jour. La journée avançait et ma petite dose de bonne humeur s’étiolait ! En rentrant le soir, mes pensées fusaient dans toutes les directions. Mais bon sang, je me souvenais de fous-rires, de moments de plaisir partagés, de discussions chargées d’espoir. J’observais les gens, en quête d’un sourire, d’un visage heureux, ou d’une sensation de bien-être. Rare pour ne pas dire absent. Je sentais monter en moi une colère, noire comme l’ambiance du jour !

Ah BRAVO ! L’homme avait su inventer la technologie, le confort, la facilité, la sécurité  mais aussi l’angoisse, le stress et la solitude.  A bâtir des immeubles, des verrous, des villes, des autoroutes, des publicités, ... il avait perdu le sourire, le rire, le plaisir, la créativité, la motivation. J’arrivais chez moi, gonflée à bloc. J’étais décidée à retrouver le rire, à prendre du recul par rapport à la crise et au marasme ambiant et ... à comprendre cette colère.

En y réfléchissant, j’ai commencé à avoir des réponses. Je n’acceptais pas les limites des systèmes, les incompétences, les injustices. Je me sentais impuissante à changer le monde. Je me comportais en victime. En fait, je me laissais contaminer par le système, sans rien dire et sans rien faire. Je n’acceptais pas ma propre part de responsabilité. Et je refusais de voir mes parties sombres.

J’ai alors pensé à la guerre des étoiles. Yoda disait : "si tu laisses la colère t’envahir, tu donnes du pouvoir au côté obscur en toi. Débarrasses-toi de tout ce qu’on t’a appris dans le passé. La force est en toi, si tu lui fais confiance."

Oui, nous avons, au fond de nous, des parties sombres, des émotions de peurs, de tristesses ou de colères. Les ignorer, c’est refouler une partie de notre être. Alors parfois, elles nous envahissent. Identifier, reconnaître et accepter la présence d’une émotion est une solide base d’évolution. Nous pouvons alors choisir, de critiquer, de détruire, de haïr, et d’alimenter le négatif par la violence ou d’accepter, de transformer, d’aimer et de nourrir le positif par la douceur.
 

A ce moment là, j’ai senti une formidable vague d’énergie monter en moi. 
Reconnaître ces émotions, c’était soudain ouvrir une porte à leurs émotions complémentaires : 
le rire caché derrière la tristesse, 
le désir caché derrière la peur, 
la détermination cachée derrière la colère.
    Joie intense
J’avais envie de fêter ces émotions, trop souvent négligées, ignorées, jugées.
Il était temps de leur redonner une juste place.


Françoise Wybrecht - 1997              Une réaction ?
 
 
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