IDEES EN VRAC .... 24 Août 1996
|
alors qu’on ne nous l’a jamais appris ?? Pourquoi penser à soi ? Quelle idée !! C’est de l’égoïsme, allez-vous dire. |
![]() |
Alors, je passe ma vie à faire pour les autres (pour être reconnue) ou pour l’autre. Je me sacrifie pour lui, en faisant passer ses désirs avant les miens ... mais inconsciemment, je ne peux m’empêcher d’attendre qu’il fasse de même pour moi. Seulement voilà, l’autre n’y pense pas spontanément. L’autre est tellement habitué à penser à lui qu’il s’étonne un beau jour parce que j’explose. J’explose d’une colère, d’une pluie de reproches. Aurai-je peut-être oublié au passage de lui dire que moi aussi je suis un être humain, avec mes forces et mes faiblesses, que moi aussi j’ai des besoins et des peurs, que moi aussi j’ai mes limites et que je ne suis pas une super woman ??!! La colère fait du bien, elle permet de vider son sac. Mais après, on attend à nouveau qu’il soit plein pour recraquer. Et en face, l’autre ne comprend pas : pendant des jours et des semaines, elle était calme, elle ne disait rien, elle faisait tout le boulot sans rien dire et soudain elle me le reproche.
Alors, commence la recherche du coupable ... Qui est coupable ?
L’Autre évidemment, parce qu'il ne pense pas à moi alors que moi, je pense à lui, je fais tout pour lui rendre la vie facile.
Mais au fait, l’Autre me l’a-t-il demandé ? Non, il n’a pas demandé à être ma priorité. Il ne s’en rend même pas compte de "Tout ce que j’ai fait pour lui". Par contre, il vit sa vie ( et il a bien raison !! ) puisque tout se passe plutôt bien. Choisir la solution de facilité, c’est plutôt naturel. Et il a raison de s’occuper de lui, parce que personne d’autre ne peut mieux le faire que lui-même. Comme un enfant qui a encore envie de rêver, de s’amuser, de profiter ...avant de devenir adulte. Le problème, c’est que vu comme ça, je n’ai plus envie d’être adulte : raisonner, prévoir, planifier, organiser, être sérieux, travailler, ... NON MERCI !!
Alors,
qui est coupable ?
Personne
ou tout le monde !!
50-50
!!
Moi aussi, j’ai envie de traîner au lit, de rire et prendre du temps pour moi !! Ah oui, mais d’abord, il faut s’occuper de tout le reste ... et les journées sont trop courtes pour me laisser du temps pour moi. Alors, j’ai l’espoir secret que l’Autre va bien finir par se rendre compte que je suis fatiguée, que j’ai envie de ne "rien foutre" une journée, que je suis triste et que j’ai envie de pleurer, juste pour pleurer, parce que ça fait du bien, que j’ai envie qu’on m’aime comme je suis, et non pour ce que je fais. Seulement, l’Autre, il est Autre, et on ne lui a jamais appris à deviner, deviner que je suis triste, deviner que j’ai des rêves de petites filles dans la tête, deviner que j’en ai marre de penser aux autres.
Chouette, je l’ai dit !!
Ca y est, je suis seule devant mon miroir : " OK, maintenant, tu peux penser à toi... à faire ce que tu as envie, à t’amuser ..." Ah !! Mais je ne sais pas de quoi j’ai envie ? Je ne me suis jamais posée la question.
Que
ferai-je seule sur une île déserte, comme Robinson Crusoé
?
![]() |
Je
crois hélas, que je commencerais par m’asseoir sur une plage et
guetter l’arrivée de l’Autre. N’importe quel autre, juste pour ne
pas être seule. A défaut d’un être humain, il me suffirait
d’un animal, juste pour le plaisir de m’occuper de lui. Mais si la plage
reste déserte, avec la presque certitude que nul autre ne viendra
... je ne vais pas me laisser mourir à attendre, attendre quelque
chose, un geste qui ne vient pas ? Alors, je lève la tête
et je regarde autour de moi et au fond de moi : suis-je fatiguée,
triste, ...y a-t-il quelque chose à faire ? Quoi faire ? Eh ...
J’ai peur !!
"Au secours, si Dieu existe, qu’il me vienne en aide !!" |
Aide-toi
et le ciel t’aidera !
Et
m... ! C’est donc bien à moi de faire quelque chose pour moi !
Alors
: " Que ferait l’Autre s’il était à ma place ?? " Difficile,
je ne suis pas l’autre. Pendant que je m’occupais de lui et que je n’étais
préoccupée que de son bonheur, j’ai oublié d’apprendre
à écouter mon corps, à sentir les choses, à
penser à moi ...
Oublié de rêver ...
Seule sur cette île, il faut que je réapprenne TOUT ! Mais bon sang, pourquoi ai-je attendu aussi longtemps pour comprendre ... ? Si un bateau me retrouve, je n’oublierai plus jamais que je suis une personne, avec mes qualités et mes défauts, avec mes colères et mes joies, avec mes peurs et mes désirs, avec ce que je sais faire et ce que j’ignore encore,
- avec un passé où je passais mon temps à m’occuper des autres, parce que je pensais que c’était la seule façon de vivre.
- avec un futur plein d’espoir, où quel que soit mon âge, je continuerai à croire aux miracles de la vie, des rencontres, des moments d’euphories et de désespoirs, avec la sensation de vivre pleinement.
STOP !! C’est vrai, je ne suis plus seule sur une île mais ... pas facile quand même parce que tout d’un coup, je me suis rencontrée. Alors, comment choisir entre moi et l’Autre.
Surtout si la relation entre moi et l’autre est un amour profond ou une amitié : Va-t-il cesser de m’aimer si je me mets en colère ? Va-t-il me quitter et m’abandonner si je lui dit que j’existe, avec mon propre caractère, mes envies et mes désirs ? Va-t-il se moquer de moi si je lui dit que j’ai peur, si je deviens une petite fille fragile alors que j’ai trop longtemps été une femme solide et forte en apparence ?
Ca me rappelle quelque chose ...
Le chêne et le roseau : le premier si fort en apparence va mourir, touché par la force du vent. Le roseau va plier, et il se redressera pour grandir.
Avoir l’air costaud et fort, c’est chouette, mais c’est risqué. Parce que même le plus costaud des hommes a ses points faibles et ses failles, et la plus haute des montagnes peut être franchie. Derrière les apparences, se cachent des ETRES HUMAINS, avec leurs faiblesses et leurs forces, avec l’envie de vivre et la peur de mourir.
Accepter nos faiblesses, c’est difficile, mais c’est le premier pas pour grandir. Et comprendre aussi, que l’Amour ne dépend pas de ce que je fais ou non... L’Amour EST ... inconditionnel. Donner gratuitement est difficile ! Par contre, la relation se vit dans le concret. Si je donne, je le fais avec plaisir ou pour mon plaisir. Sinon, je ne donne pas ! L’art dans la relation consiste à trouver le juste milieu, l’équilibre dans le système.
L’équilibre,
c’est ETRE SOI, avoir conscience de ses propres repères, valeurs,
besoins, de ses rêves et envies, de ses ressentis et de ses émotions.
Et être à l’écoute aussi de l’AUTRE, de ses attentes,
de son potentiel, de ses faiblesses, de ses envies. Et prendre la responsabilité
de choisir d’alimenter ou non la relation, de choisir le risque ou la sécurité,
d’ouvrir ou de se protéger, de dire OUI ou de dire NON, de voir
les ressemblances pour se rassurer, de chercher les différences
pour s’enrichir, pour échanger, pour évoluer ...
En PNL, cet équilibre porte un nom :
" REFERENCE INTERNE et ORIENTATION MUTUELLE".